Tous les jeunes couples mariés ont eu ou vont recevoir peu de temps après leur mariage, un beau cadre photo, les présentant tous les deux dans une posture si joyeuse et emplie d'amour que belle-maman l'enviera à la sienne, si pauvre en émotion et surtout en noir et blanc. Il faudra ajouter que 30 ans plus tard, la même jeune (moins jeune à ce moment) mariée enviera celle de sa fille ou de sa belle-fille dans un cadre photo numérique !

Mais bon, même si cette technologie numérique existe déjà (même si c'est un peu cher), elle n'est pas encore à la taille du cadre géant emballé dans le beau carton du photographe.

Une fois l'effervescence du mariage passée (dans certain cas la remarque est même plus rapide), Madame se tournera alors vers son époux qui vient juste de rentrer d'une journée arrassante de son travail, avoir pris un savon par son patron, puis avoir crevé en route, et pour finir se rendre compte qu'il a oublié de prendre les courses à "supermarchédrive" à 5 minutes de son travail mais à 1h00 de sa maison, et là sa femme lui demande avec un sourire si large qu'il se demande où elle va chercher autant d'espace dans la bouche "Chéééééééériiiiiiiii, c'est quand que tu me poses mon cadre de mariage ?"... Vous remarquerez alors qu'elle est consciente de ce qu'elle va dire... Déjà le "chéri", lancée d'une voix pleine d'amour (mais pas trop sinon monsieur le prendra version sexuelle "j'ai envie de toi"), puis le "TU", bien prononcé, et la phrase pas très français "quand que tu...", histoire de mettre un peu d'humour dans la sauce.... et enfin le "mon" cadre de mariage.

Elle "sait" ! Bien entendu qu'elle sait .... L'homme la regarde, ou plutôt regarde à travers elle la belle cheminée où il y a une place aussi grande que le cadre photo en question... (la version "le mur de la chambre ou de la salle à manger" est identique). Il tremble un peu, un tic sur l'oeil droit lui fait papiller la paupière et il ne remarque même pas la robe moulante, très moulante (sans aucun dessous en prime), ni l'odeur du bon repas qu'il l'attend... Lui pense plutôt "poser un cadre, poser un cadre, poser un cadre" (à la façon Homer Simpson). La phrase rebondit dans son cerveau sans fin jusqu'au moment où les lèvres de sa femme se posent sur les siennes.

Les minutes passent, puis les heures, puis les semaines, et enfin les années. La poussière s'accumule, et l'emplacement sur la cheminée et toujours aussi vide que le jour de cette discussion... Bien entendu, Madame est revenue maintes fois sur le sujet, mais monsieur fait le mort, répond avec des mots incompréhensibles, ou alors lui dit "Samedi prochain, promis !".

Mais avez-vous pensé, mesdames, quel en était réellement le motif de ce report constant ? ...

FAIRE UN TROU ! Un pauvre petit trou suffisant pour porter le cadre si lourd de ce couple de mariés qui a bien changé depuis ce jour merveilleux où ils se sont dit oui. Madame à eu deux enfants et cela s'en ressend très visiblement (surtout le second), monsieur a perdu ses cheveux, et le chien a bouffé les pieds du canapé offert pour le mariage par l'Oncle Pierre. Il faut sortir la perceuse (ou en acheter une), trouver le bon foret, se rendre compte que les vis qu'il possède ne sont pas le bonnes et surtout que la maison n'est pas très récente et que le torchi qui en recouvre les murs est le pire ennemi du bricoleur à "deux mains gauches" (ou bricoleur du dimanche).

Mesdames, avez-vous tenté de percer un trou dans un de ces murs ? Il faut trouver la bonne hauteur, bien centrer le cadre, ne pas se tromper, en effet, la hauteur du trou pour mettre la vis (ou le crochet, ou encore le clou), n'est pas celle du haut du tableau ! Une fois tout cela calculé (bien ou mal), il faut CREUSER ! Et là, patatras, on oublie que la prise est à trois bornes de là et que le fil de la perceuse est... limité ! Il faut donc avouer une nouvelle fois son incompétence dans une fausse crise de colère, on enfile son manteau pour retourner à BricoMachin sous une pluie battante et se rendre compte que c'est leur jour de fermeture... Heureusement, Nauchan est juste à côté et là ils en vendent. Faut faire donc des courses rapides, et monsieur revient 2h00 plus tard, un caddie plein de tout et même de la rallonge, si, si, quand même, faut pas croire, il l'a noté !

Madame ravale ses remarques sous le bouquet de fleurs que son homme lui pointe sous le nez et elle lui montre tout le fourbis laissé dans le salon et l'heure qu'il est... environ 19h00... Arghhhh, les invités oubliés vont arriver dans environ 25 minutes ! Monsieur s'énerve alors, déroule la prise, et branche la perceuse et vise la marque qu'il avait fait sur le mur, et là... patatras... le perceuse ripe sur la brique (eh oui c'est du vécu) et le trou normalement aussi large que l'équation "vis + cheville" et trois fois plus grand (super sur le mur). Monsieur râle encore plus haut que madame qui s'énerve en branchant l'aspirateur pour enlever toute l'horreur de ce trou béant.

En bref, si on a bien tout ce qu'il faut, on peut terminer le travail en bouchant le trou par une pâte et d'y placer la cheville et la vis, attendre que cela sèche, s'assurer le lendemain que tout tient et poser le sacro-saint cadre !

Moi il m'a fallu deux ans et demi pour le mettre dans la chambre... et pour vous ?