Me revoici.

Week-end bien meilleur que le reste de la semaine. Choudou c’est excusé pour sa conduite, moi aussi, on a longuement discuté, surtout de sa mère. Il faut dire qu’elle nous a surpris et en même temps il s’est enfin rendu compte qu’il l’idolâtrait plus que mesure.

< Fin de la rencontre de vendredi midi >
Pour résumer, je ne sais comment, et je ne veux pas le savoir, sinon je crois bien que s’passera mal, elle connaît mon cursus scolaire, enfin dans les grandes lignes. Loin d’être aussi bête et frivole que j’en ai l’air, j’ai quand même 2 masters en poche et je me suis tâté longtemps pour ne pas aller plus loin. Mais faut dire que les bancs de l’école, à part m’user m’culotte, commençaient sérieusement à m’brouter le haricot… Faut dire aussi pour ma défense que ma relation avec le prof de lettre (stagiaire donc pas trop mal de sa personne) ne m’a pas trop donné le choix pour continuer mon cursus là où j’étais.

J’suis po débile, mais j’ai aussi un style, des convictions, une façon de vivre que la plupart des gens réprouvent. Pourquoi n’aurais-je pas le droit de vivre comme je le veux ? Je respecte les lois (enfin souvent), je ne crucifie pas des pigeons sur la porte de ma voisine, bref, je suis comme je suis et tant pis pour les autres.

Donc belle-môman réprouve ma façon d’agir et de me vêtir, vous savez un peu comme Micheline avec son grand chapeau blanc et les Miss  France qui montrent leurs fesses ou leurs seins. Mais par contre, elle a difficilement admis que j’avais un franc parlé intéressant (je ne suis pas vulgaire au contraire de mes habits parfois), et que j’ai une tête bien remplie, que son fils (chéri) est très heureux avec moi (elle a eu du mal à l’avouer),  qu’il est beaucoup plus ouvert et moins coincé qu’avec certaines autre filles et que cela lui sert bien dans sa carrière. Comme si je n’étais qu’un outil qui pouvait donner quelque chose de plus à son fils.

J’ai du rester au moins 15 secondes sans réagir après cette tirade. Elle me regardait dans les yeux pour me jauger et rentrer les données dans l’ordinateur qui lui vaut comme cerveau. Le rose m’est arrivé aux joues, je me demandais si c’était un piège ou si elle était sincère. Puis elle a ajouté ceci  d’un ton qui méritait des claques : « Je ne pourrais jamais vous apprécier totalement, c’est au-dessus de mes forces. Elle fit une pause histoire que je comprenne bien ses paroles puis repris.
« Si jamais il y a mariage, assurez-vous au moins qu’il soit décent de votre robe au choix de la voiture, en passant, bien entendu par la décoration de la salle. Je connais vos goûts très discutables,  il est hors de question que mon fils parade à la tête d’un carnaval grotesque ! »

C’en était trop, je me suis levé et sans regardé en arrière j’ai quitté le restaurant, au moins j’étais sur de ne pas payer ma note. De quel droit imposait-elle ses goûts à notre mariage !!!